Login

Quand sensibiliser et initier sont au cœur d’un projet

Sur leur exploitation maraîchère, Cécile Némorin et sa mère Wilma Van den Broek accueillent des scolaires, de la maternelle au collège, des retraités, des familles...

Dans le Val-de-Marne, chez Wilma Van den Broek et sa fille Cécile Némorin, le maraîchage est un outil pour faire découvrir à tous les publics la terre, les légumes et la nature.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

Atypique, la ferme maraîchère de Wilma Van den Broek et sa fille Cécile Némorin est le fruit du travail de deux passionnées, animées par l’envie de transmettre à un public éloigné de l’agriculture. En 2012, après une reconversion professionnelle, Wilma, fille de maraîchers, reprend ses études et obtient un BPREA en maraîchage biologique au CFPPA de Bougainville à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), où elle enseignera ensuite à mi-temps.

Une maison rénovée grâce aux subventions

Elle fonde l’association Les jardins de Wilma qui propose des ateliers pédagogiques autour du jardinage sur 800 m² à Périgny-sur-Yerres, dans le Val-de-Marne. En 2016, ces terres agricoles, appartenant à l’organisme public Île-de-France Nature, se libèrent. Wilma saisit l’opportunité de s’installer en EARL en 2017 et signe un bail sur 1,4 ha.

« Quand des enfants me demandaient “Est-ce que tu peins les tomates en rouge ? Où sont les ananas dans ton jardin ?”, cela confortait mon objectif de les reconnecter à leur alimentation, précise Wilma. Mon but premier n’est pas la production. »

En 2018, sa fille Cécile, passionnée par la conception de jeux pédagogiques et attachée à la ferme, s’investit au sein de l’association après ses études d’ingénieure en génie urbain. « Nous avons organisé des ateliers cuisine au pied des immeubles et j’ai créé des jeux en lien avec la terre et l’alimentation, explique Cécile, qui réfléchit alors à ouvrir un lieu de vie et de rencontres. En 2020, elle visite une maison située sur les terres agricoles où Wilma travaille, inoccupée depuis plusieurs années et propriété d’Île-de-France Nature. Ces grands espaces l’inspirent. « J’y ai vu une vaste salle pour accueillir du monde ainsi qu’une cuisine pour des ateliers et une conserverie. » Cécile partage son projet avec l’organisme Île-de-France Nature qui, conquis, la lui loue en 2021. La maison est rénovée avec le soutien de la Région et de fonds européens.

Deux tiers du chiffre d’affaires proviennent de l’animation

Dans la foulée, elle crée avec Wilma l’Atelier Bombylius qui transforme la ferme en tiers-lieu pour combiner production de légumes bio et animations tous publics. « Pour monter les animations, je réponds à des appels à projets et je cherche des cofinanceurs tels que l’État, les bailleurs sociaux, la Caf, la CPAM... C’est très chronophage mais nécessaire. Je pars ensuite du besoin exprimé : retrouver le plaisir de manger pour des personnes ayant un trouble de l’alimentation au sein d’une clinique, créer un lien parents/enfants pour un centre social, aider à l’épanouissement d’enfants allophones... Un projet associé à des collégiens m’a notamment marqué », souligne-t-elle (lire l’encadré).

Une salariée à mi-temps de l’association et un saisonnier sur la ferme aident mère et fille. Environ deux tiers des légumes produits sont destinés à une Amap (45 paniers par semaine à 15 euros par panier) et un tiers sert aux animations. Les deux tiers du chiffre d’affaires proviennent des animations.

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement